Apr 01 2008

Dream management

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« If you don’t know where you’re going, you’ll probably end up somewhere else »
David Campbell

— Prenez un papier, et écrivez vos rêves, vos espoirs, ce que vous voulez faire de votre vie.

Astronaute ?
Plus simplement, qui n’a pas rêvé d’avoir un bon travail, de fonder une famille, de monter sa propre entreprise, d’avoir de l’argent pour voyager, d’être juste heureux et/ou de rester en bonne santé, …« Le plus important c’est d’avoir des rêves », m’ont dit plusieurs personnes récemment, alors qu’on parlait d’avenir, comme si tout le monde avait trouvé sa voie, avait des rêves bien précis en tête, savait exactement ce qu’il voulait faire de sa vie. Et une fois qu’on a des rêves, il suffit de quitter son travail, sa famille, de ne pas avoir peur de tout recommencer, de tout remettre en question et d’assumer ses rêves, de tout faire pour les réaliser.

Quelques années plus tôt, dans une brasserie à Munich, je rencontrais des français à qui j’ai fait part de mes projets, mes rêves de partir quelques temps en Asie, avec une prédilection pour le Japon. On me répondit aussitôt: « Mais pourquoi n’y vas-tu donc pas ? » Facile, pensais-je, mais comment? Après avoir longtemps hésité entre une position sociale dans une société de renom dans laquelle j’ai travaillé et réaliser mes rêves, je décidais de démissionner et de partir pour le Japon, avec une bourse du gouvernement pour faire une thèse. Je suis jeune après tout…

Récemment, j’ai rencontré un acupuncteur d’une soixantaine d’années. À 39 ans, après avoir étudié les langues étrangères, travaillé en interprète et professeur de langues, il décida de retrouver les bancs de l’école pour devenir acupuncteur. J’admire le courage qu’il a eu de tenir le rythme de l’université et des cours de langues pour nourrir la famille.

Gagner de l’argent quand on a des diplômes, au fond c’est facile. Mais faire quelque chose que l’on veut vraiment faire, quelque chose qui plaît le jour où on le fait, c’est une autre histoire. Il est plus facile de s’accoutumer à ce qu’on a, que de dépenser toute cette énergie à assumer ses rêves. Ainsi, l’argument de l’âge ne tient plus la route. Sans doute, en étant jeune, il est plus facile de se libérer de cette ivresse de réussite sociale. Cette réussite sociale qui commence à la remise des diplômes. Passé cet âge, il est permis d’avoir des rêves, mais si mal vu de se donner les moyens de les réaliser.

Si à 39 ans, on commence à rêver de nouveaux horizons, il n’est pas facile de se libérer du regard des autres, des obligations vis-à-vis des autres. Tout le monde ne va pas tenter pour autant se donner les moyens de réussir. C’est pour cela que je me demande s’il est vraiment question d’avoir des rêves, ou s’il n’est pas plutôt question d’être attentif à ses rêves, au moment où on les a, et d’être prêt à les assumer à ce moment-là.

Aujourd’hui je suis au Japon. Mais quel est mon prochain objectif ? Aucune idée. Non. Rien. Niet. Pas un petit rêve à se mettre sous la dent. Certes, j’imagine mon avenir professionnel à moyen terme, qui dépendra surtout de mes 3 prochaines années de thèse. Mais pas vraiment de rêves à très long terme. Je finirais sans doute ailleurs, n’est-ce pas Monsieur David Campbell?

Mais peu importe. J’aimerais bien finir ailleurs. Juste pour voir ce qu’il y a là-bas. Et qui sait, peut-être de nouveaux rêves sont-ils dans cet ailleurs-là… et j’espère que j’aurais alors la force de les accepter et de les faire se réaliser.

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Dec 13 2007

日本語能力試験

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Le premier dimanche de décembre a lieu chaque année le 日本語能力試験, Japanese Language Proficiency Test. Cet examen permet d’évaluer quatre niveaux d’aptitude en japonais :

  • le niveau 4 correspond à un niveau de maîtrise basique de la langue. (800 mots et 100 kanji) ;
  • le niveau 3 correspond à un niveau de débutant. (1500/300) ;
  • le niveau 2 correspond à un niveau intermédiaire. (6000/1000) ;
  • le niveau 1 correspond à un niveau avancé, voire bilingue. (10000/2000).

Bien que le niveau 1 soit extrêmement difficile pour un natif en japonais, il est exigé par beaucoup d’entreprises japonaises comme pré-requis à l’embauche d’étrangers.

Le test comprend trois épreuves pour chacun des niveaux: vocabulaire (et caractères chinois), compréhension orale et compréhension écrite (et grammaire), ce qui permet d’évaluer un vaste éventail d’aptitude.

Ceci dit, je reste très dubitatif quand à la pertinence de ce test. Celui-ci reste en effet très conforme au système universitaire japonais dans la mesure où il mesure la capacité des candidats à comprendre un niveau élevé de japonais, leur capacité à comprendre un nombre élevé de caractères chinois et leur connaissance de constructions grammaticales pouvant être extrêmement littéraires. Pour autant, aucune épreuve ne vient mesurer la capacité du candidat à communiquer en japonais. Aucune épreuve de rédaction. Aucun entretien permettant de mesurer le niveau de conversation du candidat.

Les examens permettant de mesurer un niveau en anglais (TOEFL), français (DELF) ou allemand (Goethe Institut) ont des épreuves de « production », rédaction et/ou entretien, mais l’examen de japonais est capable d’accepter des candidats ayant une compréhension de la langue correcte (capacité répandue chez les candidats chinois par exemple) même s’ils ont un niveau de conversation médiocre.

Je suis surpris que, à l’instar des autres examens en langues anglaise, française, … ; le test d’aptitude en langue japonaise ne se soit pas adapté pour ne plus négliger la capacité des candidats aussi bien à comprendre qu’à utiliser la langue japonaise.

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Nov 21 2007

Art et science

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La vision que notre société se fait de la science et de l’art n’est certainement pas équitable. Quand une science est une discipline associée à un raisonnement calme, impersonnel, logique et systématique, une discipline artistique qui mettra l’accent sur le côté esthétique, créatif, humanitaire, et irrationnel, se verra d’emblée accorder moins de crédit.

Pourtant, si un complexe scientifique ambiant ne nous fait pas oublier que l’art a besoin de la science pour pouvoir exister, on omet souvent de préciser les dons artistiques dont il faut faire montre pour faire avancer cette science qui nous est si chère. À l’instar des disciplines dites artistiques, telles les arts plastiques ou la poésie, les disciplines scientifiques sont également nées d’un habile mélange d’objectivité et de subjectivité.

Les disciplines artistiques ont souvent été influencées par les innovations scientifiques de l’époque. Si l’on compare les représentations humaines en peinture que l’on peut trouver à travers l’histoire, il est aisé de faire coïncider ces œuvres avec les progrès de l’anatomie. Au fur et à mesure que cette dernière progresse, les représentations humaines sont de plus en plus réalistes. On reconnaît également des influences de mécanique dans la représentation des mouvements.
De la même manière, le pointillisme en peinture apparaît aux débuts de l’optique. Le pointillisme est cette technique qui consiste à ne peindre qu’à l’aide de couleurs primaires. Le mélange ne se fait pas par la peinture, mais dans l’œil de l’observateur. Lorsque le tableau est observé à une certaine distance, les taches de couleur ne peuvent pas être distinguées les unes des autres et se fondent optiquement les unes aux autres. Les artistes ont ici exploité ces lois de l’optique.

Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte (Georges Seurat)

Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte (Georges Seurat)

En littérature également, le courant naturaliste, où l’écrivain, en posant un cadre et des personnages significatifs de l’époque, adopte une démarche scientifique semblable à celle du biologiste, qui observe a posteriori les interactions entre les protagonistes de la société qu’il dépeint. Les Rougon-Macquart n’est que le reflet de démarche expérimentale de rigueur en biologie.

The editor of Funk & Wagnall’s dictionary observed that the painstaking accumulation and classification of data about words has a scientific character, while a well-chosen phrasing of definitions demands the ability to write with economy and precision: ”The science without the art is likely to be ineffective; the art without the science is certain to be inaccurate.”

La science physique, la biologie sont les sciences de la description de la nature. Or ces descriptions ne peuvent être faites qu’en langage humain. La mathématique n’est qu’un outil à leur service. Les talents littéraires sont des pré-requis pour l’apprentissage et la recherche scientifique. De même, un des meilleurs vecteurs d’information connu à ce jour étant l’illustration, le dessin et la peinture sont autant de techniques artistiques mises à la disposition du scientifique pour mener à bien sa mission.

L’anatomiste est un dessinateur, comme le botaniste. Si l’astronomie est la science de la description des étoiles, de la déduction de ce qui est par ce que l’on peut voir, ou mesurer, les représentations artistiques de nos étoiles sont nécessaires pour faire rêver les gens. Si des satellites peuvent prendre des photos proches de la Terre, de planètes, ou du Soleil, les représentations des modèles de trous noirs, de naines blanches, ne sont que les vues de l’esprit de quelque artiste de talent.

Aussi, l’ingénieur est le bricoleur, l’artiste qui parvient à sélectionner parmi sa connaissance de la science, pour résoudre un problème pratique. L’informaticien est aussi un concepteur d’interfaces graphiques, qui fait le lien entre un système informatique qu’il est capable de maîtriser et un être humain. Parmi le code source qu’il écrit, on reconnaît aussi différentes techniques d’écriture. Si l’utilisateur final ne lira sans doute pas le code source de son logiciel, l’art dont a fait preuve le programmeur, se ressentira dans toute la vie de l’application, de sa naissance, à l’aisance avec laquelle on pourra maintenir ce logiciel.

Au Moyen-Âge, les premières universités enseignaient les sept arts libéraux: la grammaire, la rhétorique, la logique, l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie.

Toutes ces disciplines sont aujourd’hui considérées comme des sciences. En réalité, elles ne sont ni art, dans la mesure où elle requièrent toutes de la rigueur scientifique, ni science dans la mesure où aucune d’elles n’est exacte, froide et insensible.

Dans toute discipline, rien ne sera purement science, car il y a besoin d’une part d’art, d’imagination, pour avancer, rechercher, tâtonner. Le chercheur aura besoin de talents humains, pour comparer son problème à un autre, à ses expériences en tant qu’être humain, qui l’aideront à appréhender un réalité. Le résultat de son travail sera la plupart du temps rendu à travers des mots et des images.
À l’inverse, aucune n’est purement art, car chacune de ces disciplines a besoin de structure, de contraintes, de garde-fous pour pouvoir aller de l’avant sans se disperser, sans papillonner.

Aux adeptes de ces disciplines scientifiques, pour qu’ils n’oublient pas de développer leurs talents artistiques, et aux artistes, pour qui une perception correcte de la réalité est nécessaire à leur travail.

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Nov 18 2007

Great men

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I have been passionate about what these men did; their story or their work is in a way part of me now. You will find on this page a very short description of their life and work.

You can love them, hate them or stay indifferent, but they have all considerably influenced a lot of people.

Siddhārtha Gautama

Siddhārtha Gautama was a spiritual teacher from Ancient India and the founder of Buddhism. He is generally recognised as the Supreme Buddha.

After a life of opulence, followed by a life by ascetic monks, he discovered the Middle Way, a path of moderation, away from self-indulgence and self-mortification.

Voltaire

VoltaireFrançois-Marie Arouet (1694-1778) was a French writer, essayist, philosopher, and deist. He is well-known for his defence of civil liberties, including freedom of religion and the right to a fair trial.

Although he was educated by the Jesuits, he did not believe that absolute faith, based upon any particular or singular religious text or tradition of revelation, was needed to believe in God.

Works: Candide, Zadig, Micromégas

Arthur Rimbaud

Arthur RimbaudArthur Rimbaud (1854-1890) was a French poet. He produced his best works in his late teens and gave up creative writing before 21.

His poetry sounds like music, painting, dancing and dreaming.

Works: Poésies, Le bateau ivre, Une saison en enfer, Illuminations

Thomas Edward Lawrence

Thomas Edward Lawrence Thomas Edward Lawrence (1888-1935) was a British soldier famous for his role during the Arab revolt (1916-18).

After studies in archaeology, he left for Syria and studied Arabic there. He played a particular role in communications between the British Army and Arabic soldiers.

At the age of 46, he was fatally injured in a motorcycle accident in Dorset.

His fame probably came with David Lynch’s Lawrence of Arabia and with the publication of the Seven Pillars of Wisdom.

Antoine de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) was a French writer and aviator.

After surviving an accident and dehydration in Lybian Sahara desert, he wrote Le Petit Prince.

He took off from Corsica one day of 1944, and was never seen again.

John Ronald Reuer Tolkien

John Ronald Reuer Tolkien John Ronald Reuer Tolkien (1892-1973) was a British philologist, writer and university professor.

He is famous for the Hobbit and the Lord of the Rings. The action takes place in a world he created, along with legends, particular creatures and a new language.

Donald Ervin Knuth

Donald Ervin KnuthDonald Ervin Knuth (1938- ) is a renowned computer scientist, professor at Stanford university.

In addition to major contributions in theoretical computer science, he is famous for TeX computer typesetting system.

He is also famous for his book about the Art of Computer programming.

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Sep 11 2007

写真家

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自然の中で
都市の中で

環境が感じられていて
夢想家と共鳴する

夢想家の中に写真家がいる

場面を分析して
額縁を描く

その額縁を
覗いて
自由に入りながら
出ながら

 

その間に一瞬を突然
撮る
また
ちがう場所で
ちがう時間に
唯一のこの写真を見ると

また
別の夢想家も共鳴する

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Mar 14 2007

La faute au piratage

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On entend souvent parler du piratage comme le plus grand des maux de la Terre, responsable d’un gros manque à gagner pour les industriels de la musique, du cinéma, du logiciel, ainsi que pour les artistes, ou les créateurs du bien piraté. Ceci étant dit, le piratage a bon dos. Il est un peu facile de s’en prendre à quelqu’un qu’on ne peut expressément nommer, responsable de tous les échecs de ceux qui veulent travailler et gagner de l’argent normalement.

Oui, les bénéfices de nos disquaires favoris (Fnac, etc.) baissent. Mais ces disquaires prennent-ils en compte la croissance des marchés en ligne comme Amazon, Ebay ou Price Minister ? Prennent-ils en compte que les clients peuvent être lassés d’être traîtés comme du bétail dans une librairie, où le vendeur trop occupé à converser avec ses amis, n’est pas disponible pour prendre une commande et oublie qu’il s’adresse à un client ?
Il faut reconnaître que prendre une commande en ligne, pour être livré chez soi peut être synonyme de beaucoup moins de tracas. Et l’on peut aussi trouver en ligne, sur un forum, un article sur un livre, un CD, remarquable avec un lien vers Amazon pour acheter le livre, où il ne reste plus qu’à payer pour être livré.

Il ne s’agit pas de dire que les librairies ne servent plus à rien, que tout se fait en ligne. Une librairie est un bon moyen de flâner et de découvrir ce que l’on ne connaît pas, mais un très mauvais moyen de trouver le tome 14 de sa série préférée. En ayant en rayon le tome 1, 4 et 7 d’une série, les clients préfèrent se tourner vers d’autres solutions !

Pour ce qui concerne les séries télévisées, sachant que chaque épisode est disponible sur le net en version originale dans les jours qui suivent sa première diffusion, les fans préfèrent télécharger l’épisode le plus vite possible. Et un an après, quand ils auraient pu acheter le coffret, ils sont plutôt préoccupés par la saison suivante.

Tout mon propos ne cherche pas à nier le piratage sauvage, pour chercher à télécharger le film qui vient de sortir en salle et économiser les quelques sous de la séance, mais quand on cherche un film un peu confidentiel, qui ne rapporterait pas assez s’il était édité, il ne faut pas être étonné de voir les habitudes des gens changer.
Trouvez moi le DVD de Be with me d’Eric Khoo, et je l’achète tout de suite.

Ensuite, quand on parle de la copie sauvage, elle a toujours existé, quand on faisait déjà de la copie analogique de cassette à cassette, ou quand un professeur fait des photocopies d’un livre dans sa quasi intégralité pour le donner à ses élèves.

Je peux concevoir que des gros chapeaux de l’industrie soient payés pour tenir des propos provocateurs sur ce sujet, mais il devient lassant d’entendre toujours s’en prendre à la même personne virtuelle. Il suffit soit d’accepter l’évolution des mentalités et des plate-formes d’achats et de s’y adapter, soit de s’en prendre à des vrais coupables, et d’aller jusqu’au bout. Il serait cependant souhaitable de proposer des solutions qui ne prennent pas en otage ceux qui pourraient être des clients, si les plaignants étaient toutefois vendeurs.

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Feb 19 2007

Cuba vs. Microsoft

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Cuba s’est mis au logiciel libre. (lien)

Je cite en particulier :

L’objectif de l’îlot communiste est de se débarrasser de l’emprise de « l’informatique capitaliste », représentée par Microsoft et les éditeurs de logiciels propriétaires.

ou comme le dit plus loin Stallman :

« Les logiciels propriétaires posent des problèmes de sécurité, car personne ne peut en examiner le code source, et que certaines portes dérobées peuvent alors être volontairement laissées ouvertes par les programmeurs. »

Le point de vue de Stallman est légitime et défendable, mais que vient faire « l’emprise de l’informatique capitaliste » dans l’histoire. On a tous nos convictions sur le sujet, mais il ne faut pas oublier que la plupart des développeurs qui interviennent dans le logiciel libre, surtout sur les couches bas niveau, sont embauchés par des entreprises et payés, avec des vrais sous, pour publier ce code.
Le logiciel libre est aussi une vitrine pour des industriels qui peuvent vendre leur produits grâce aux pilotes qu’ils développent pour leur matériel. Sans méchants industriels capitalistes, plus de sous pour le développement du logiciel libre : fin de l’histoire.

On a le droit d’adhérer à la philosophie du libre, ou de vouloir gagner de l’argent avec ses logiciels (c’est aussi ça, être libre), mais il ne faut pas oublier qu’il y a équilibre grâce à la coexistence des deux modèles.

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Jan 29 2007

L’île au trésor

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Vous souvenez-vous avoir lu un texte en entier, sans jamais sauter une partie un tant soit peu ennuyeuse?

Si vous travaillez dans un domaine un peu technique, avez-vous déjà dû travailler sur des documents construits selon l’implacable logique des 3 parties, mais dont l’ennui qu’il suscitait vous a fait uniquement sauter vers la fin ? Vous êtes-vous arrêtés quelques secondes sur les images en couleur, mais dont l’absence de légende vous a contraint à finalement téléphoner à son auteur pour qu’il vous explique les grandes lignes « en quelques mots ».

Nous ne savons pas écrire. Par nous, j’entends bien sûr les informaticiens dont je fais partie, mais aussi la plupart des gens qui veulent écrire, dont je fais aussi partie, les professeurs de français qui nous apprennent à structurer notre pensée, mais certainement pas à attirer l’attention de notre auditoire.

Il est au contraire beaucoup plus facile de reporter la responsabilité sur l’auditoire, fatigué ou incapable de se concentrer. Combien font autre chose en réunion ou en classe, répondent à leur courrier, rêvassent.

Nous ne savons pas raconter. On enseigne nulle part l’art de la narration, l’art de contraindre les gens qui font autre chose à suspendre volontairement leur activité pour nous écouter, l’art de les captiver, de les intéresser. Vous avez sans doute fait l’expérience de raconter vos vacances en ayant l’impression de n’être écouté que d’une oreille par politesse. À l’inverse, vous avez peut-être aussi un jour été à un cours, une réunion, accompagné d’un livre ou d’un cahier pour gribouiller et poser à plat quelques idées, mais été surpris de n’avoir rien pu faire à cause des qualités de l’orateur, le professeur ou le meneur de la réunion.

Je vais essayer de vous donner quelques principes qui m’ont donné l’impression de rendre l’écoute plus facile.

Le rôle des images

Le principe le plus connu pour une présentation. Une image vaut 1000 lignes de texte. Un bon schéma clair, coloré, accompagné d’une légende claire et concise évite de noyer un auditoire dans un flot d’informations trop important.

On oublie trop souvent que image ne signifie pas schéma ni dessin. On peut utiliser des images en parlant par métaphore : la Bible, le livre le plus vendu, parle par métaphore. Elle enseigne en effet une ligne de conduite par des histoires, plus faciles à retenir, à transmettre. Elles ont également le mérite d’attirer l’attention. On retient plus facilement l’histoire de Samson et Dalila qu’une leçon de morale sur le pouvoir de séduction des femmes.

Ceci étant dit, une image seule est orpheline : il est nécessaire de l’expliquer. On ne peut réduire une documentation technique à un vaste schéma fonctionnel, UML ou autre. Une métaphore ne sert à rien si l’on ne l’explique pas. Un schéma, une équation mathématique, une image ne doivent jamais être séparés de l’explication qui les justifie.
N’oubliez toutefois pas de donner un nom à tout ce que vous évoquez, notamment les images, ce qui évitent de trop longues lignes d’explications qui finissent par perdre l’auditoire.

Mesurez la proportion d’image à insérer. Le manque d’images ennuie. Trop d’images en revanche seront toujours mal introduites ou expliquées ; l’auditoire ne saurait pas quoi retenir.

Accrochez, surprenez

La clé de l’écoute. Il faut commencer par prendre possession de son auditoire, le captiver par une phrase choc, quelque chose d’inhabituel, d’accrocheur, de vendeur, faisant référence à quelque chose de connu par les personnes qui vous écoutent. Inutile de vouloir choquer, ce qui a pour effet de se mettre à dos la moitié de l’auditoire.

Je me souviens d’un épisode avec mon professeur de mathématique au lycée qui est arrivé un matin en nous annonçant : « Aujourd’hui, nous allons étudier la Grèce antique! » puis « personne ne comprend ? non ? Vous allez voir… » partis pour 45 minutes de calcul d’intégrales, pour enfin arriver à la définition du logarithme népérien. « Julie, au tableau ! », annonce-t-il plein d’excitation. « Calcule-moi la valeur de l’intégrale de la fonction “inverse” entre 1 et 3. » et après quelques lignes de réflexions, la réponse : « Hélène de Troie ! »
Et voilà comment un professeur gagne 45 minutes d’attention générale.

Le discours ne doit cependant pas se résumer à un excès de boutades et de surprises qui tourneraient la présentation au one-man show, qui au lieu de faire passer un message, ne feraient que divertir. L’accroche doit servir à attirer l’attention, mais doit être suivie d’explications, après quoi, il est nécessaire de rattraper les gens qui sont descendus du train pas une nouvelle technique d’accroche. Tout l’art consiste bien à doser la surprise que l’on injecte à son auditoire pendant tout le temps du récit.

Une anecdote est à usage unique. Une fois utilisée, on la jette. L’auditoire sait qu’on la réutilise et la deuxième fois, elle ne surprendra plus.

Construisez et aiguillez

Il faut ensuite aiguiller son auditoire, lui dire où on va, comment on y va. Ensuite seulement, le voyage peut commencer. À l’inverse, il ne faut pas non plus donner l’impression que le voyage est trop balisé, qu’on ne peut sortir en aucun cas des sentiers battus. Il faut rappeler la direction, comme une boussole, mais ne pas montrer la carte avec l’itinéraire tracé en rouge gras, ce qui enlèverait toutes les surprises.

Dans un roman, les héros vont chercher l’île au trésor, et on ne tourne pas 15 pages sans en entendre parler. Il faut toujours rappeler aux personnes qui nous écoutent quelle est cette île au trésor que l’on cherche, comment elle est, comment on l’imagine. Il en est de même pour un discours technique : rappelez quelle est cette île au trésor.

Il faut alors imaginer des étapes, rappeler régulièrement l’étape suivante et la destination finale. Entre temps, le narrateur se laisse porter et surprendre par l’histoire.

À l’école, on écrit jamais sans avoir préalablement construit un plan. C’est en effet un échafaudage mais il ne faut pas oublier de le cacher. Le plan est aux rails ce que l’histoire est à la mer. Le bateau part en direction du prochain port, ne perd pas son cap mais n’est pas attaché à ces rails. Il est influencé et dérive en fonction des conditions météorologiques. En revanche, le marin qui se trompe de port n’est pas un bon navigateur.

Il est indispensable d’interagir avec son auditoire, d’être à son écoute, et d’adapter la route à prendre en fonction des circonstances, des réactions dites ou non dites, d’arriver à bon port, même si cela prend plus de temps. Le tout est de préparer suffisamment son histoire pour qu’elle ait l’air à la fois maîtrisée et libre, un peu comme le guide, qui doit donner l’illusion aux visiteurs de se perdre, mais qui ne doit absolument pas leur faire courir un quelconque danger.

Soyez brefs

Évitez tout ce qui est inutile, chaque mot de trop, qui ne sert pas avancer vers « l’île au trésor ». Le maître mot doit être la simplicité.

À la fin de votre rédaction, relisez-vous et enlevez chaque mot, chaque phrase, chaque signe de ponctuation, qui ne fait pas avancer votre propos. Ré-écrivez les phrases trop lourdes, trop complexes. Enlevez les mots savants qui donnent l’impression aux gens qui vous lisent, qui vous écoutent qu’ils n’en sont pas capables. Préférez le mot simple correspondant, à moins qu’il ne fasse perdre du sens à la phrase.

Enlevez toutes les parenthèses: soit l’incise fait partie du voyage, auquel cas il faut l’inclure dans sa totalité, soit elle n’en fait pas partie. Enlevez ensuite les points d’exclamation qui le plus souvent n’apportent qu’un côté superficiel. Les points de suspension quant à eux donnent l’impression de ne pas maîtriser le sujet.

Relisez-vous encore et encore, à haute voix, reprenez les passages sur lesquels vous butez ou bafouillez, enlevez ces satanées fautes d’orthographe qui restent, ces fautes de grammaire, de français. Reformulez ce que vous n’estimez pas immédiatement compréhensible, ce qui n’est pas la conséquence logique de la ligne précédente. Essayez ensuite de passer autant de verbes que vous pouvez au présent de l’indicatif.

Enlevez la mise en forme (souligné, majuscules), qui signifie que vous avez mal écrit, que vous voulez mettre en évidence quelque chose qui n’est peut être pas assez clair. Pour la mise en page, préférez des outils qui font le travail à votre place et évitent ainsi les fautes de goût et de cohérence.

Après cela, votre prose sera sans doute plus digeste, donnera sans doute plus l’envie d’être lue ou écoutée. Enfin, n’oubliez pas que ce que vous racontez dépend du public auquel vous vous adressez, qui ne sera pas toujours enclin de la même manière à écouter le message. À vous de calibrer raisonnablement chacun des paramètres pour que le public soit réceptif, mais aussi pour que vous vous sentiez bien avec lui.

Tout ceci est très gourmand en temps, mais si vous n’êtes pas prêts à faire cet effort, n’écrivez pas !

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Jan 10 2007

The Economist Style Guide

Published by Xavier under book

http://economist.com/research/styleguide/
ISBN: 1861979169

The website is based on the style book which is given to all journalists at The Economist. It gives a bunch of advice on how to write good and clear English with style, precision, points out common errors and clichés, and offers guidance on vocabulary, the proper use of punctuation and grammar.

There is a special section on the differences between British English and American English. The third section contains a range of useful reference material, covering everything from business ratios and stockmarket indices to chemical elements and US presidents and British prime ministers.

A good book for anyone who writes reports, articles, books, letters or memoranda, The Economist Style Guide will enlighten, educate and amuse.

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Dec 16 2006

œ, æ, É et autres…

Published by Xavier under essay

Idée reçue numéro 1 : l’informatique dispense d’orthographier correctement. Un clavier de base ne contient pas le œ, donc on serait dispensé de le taper. On serait autorisé à écrire “une soeur” et “un oeuf”, graphie à laquelle réagissent tous les correcteurs orthographiques. Dans un logiciel de traitement de texte, un clic droit permet de corriger rapidement mais tous les logiciels n’en sont pas munis.

Faites par exemple une recherche sur le titre de film “2 sœurs” et vous verrez que la première page de résultats ne contient aucune orthographe correcte. La première réaction serait alors de dire que la valeur du œ est purement esthétique mais comment alors distinguer la prononciation de œuf et de coefficient (qui ne s’écrit en aucun cas “cœfficient”…) La valeur du œ est phonétique. Il est aussi absurde de ne pas écrire le œ que de remplacer tous les ê d’un texte par des é: pourquoi n’apprendrions-nous pas la conjugaison de l’auxiliaire étre à ce rythme ?

De même, la dispense des accents sur les majuscules est un héritage de l’imprimerie mécanique où l’accent sur une lettre accentuée était situé au delà de la hauteur maximale des lettres. “Etant” est une faute d’orthographe, on ne prononce pas ce mot “eutant”.

La variante latin9 du clavier azerty sous des systèmes Linux contient ces majuscules et le œ (situé à la place du ²), de même pour le clavier dvorak-fr de X. En LaTeX, taper \oe{} permet d’accéder à ce caractère. Microsoft permet de taper ces caractères avec une combinaison Alt+0xxx, ce qui est anti-user-friendly, et pire (pour l’utilisateur lambda) permet de redéfinir la disposition de son clavier avec le Microsoft Keyboard Layout Creator pour pouvoir les taper. Expliquez à votre grand-tante les concepts de scan code et virtual key

Cependant, en lisant la documentation Microsoft, on lit qu’avant de définir une disposition, il faut penser au pays pour lequel on le définit. Apparemment, ils n’ont pas pensé à définir un clavier français pour les français. C’est bien dommage, mais rattrapable. Souhaitons qu’un vrai clavier français soit un jour attaché à leur système d’exploitation et faisons notre possible pour que nos lettres ne disparaissent pas à cause de l’informatique !

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